Visite | Espagne : voyage, location de voitures, météo... - Part 2

Archive pour la catégorie ‘Visite’



Madrid la moderne 1ère partie

Samedi 28 février 2009

Museo del Prado

Le musée du Prado est l’un des plus grands musées au monde, derrière le Louvre mais peut-être devant tous les autres, et c’est à juste titre s’il est l’un des monuments les plus visités d’Espagne. On y trouve plus de 7.000 tableaux, mais également des sculptures, de dessins, de pièces de monnaies ou de médailles. Tout amateur d’art se doit de le visiter au moins une fois, tant ses collections d’œuvres du 12e au 19e siècle sont importantes.

Les pièces exposées au musée du Prado appartinrent d’abord aux collections royales que toutes les dynasties enrichirent, des Habsbourg (et notamment Charles Quint, grand amateur des œuvres du Titien) aux Bourbons. Ouvert en 1819, il se révéla rapidement trop exigu et dès 1918 fit l’objet de premiers grands travaux d’extensions. Les derniers travaux d’extension notables datent de 2007, avec une construction souterraine qui relie le bâtiment principal à un autre bâtiment entièrement refait.

Le Musée du Prado est évidemment le lieu d’exposition privilégié des tableaux de maîtres espagnols, mais il ne se limite pas à ces derniers. Parmi les grands tableaux qu’on peut y voir, voici ceux qu’il ne faut absolument pas manquer pour une première visite :

- Las Meninas, de Velázquez. C’est LE chef d’œuvre du Prado, sa Joconde en quelque sorte. Ce tableau représente la famille de Felipe IV autour de l’Infante Marguerite, personnage central et lumineux de l’œuvre.

- Une importante collection de tableaux de Velázquez est exposée au Prado, dont le Triomphe de Bacchus, la Crucifixion, l’Adoration des Mages, et la Reddition de Breda.

- Autre maître espagnol dont le Prado dispose d’une immense collection: Francisco de Goya avec le Parasol, la Maja Nue, la Maja vêtue, ou encore des tableaux relevant de ses peintures noires : Saturne dévorant un de ses fils, Pèlerinage à San Isidro, Leocadia. Il y a surtout ses deux chefs d’œuvres : Dos de Mayo (deux mai) et Tres de Mayo (trois mai), représentation des soulèvements contre l’armée française en mai 1808 et des lourdes représailles qui s’en suivirent.

- El Greco : l’Adoration des Bergers, la Sainte Trinité.

- Murillo : l’Immaculée Conception.

- Zurbarán : l’Agnus Dei.

- Rembrandt : Artémis.

- Rubens : les Trois Grâces.

- Raphael : Portrait d’un Cardinal.

- Bosch : le Jardin des Délices, Les sept Péchés Capitaux.

- Bruegel l’Ancien : le Triomphe de la Mort.

- Fra Angelico : l’Annonciation.

- Le Titien : Charles V à Muhlberg ; Autoportrait

 

Paseo del Prado, Métro Banco de España ou Atocha. www.museodelprado.es

Madrid : visite de la vieille ville, 2eme partie

Samedi 28 février 2009

Parque del Oeste

 

Le temple de Debod, Madrid

Le temple de Debod, Madrid

 

 

Situé à courte distance du Campo Moro et de la place d’Espagne, le Parque de Oeste est un havre de tranquillité construit par l’architecte paysager Cecilio Rodríguez au début du siècle dernier. La principale attraction du parc est le templo de Debod, un temple égyptien qui se trouvait autrefois dans la vallée du Nil, à une trentaine de kilomètres d’Assouan, démantelé lors de la construction du célèbre barrage et donné à l’Espagne par l’Egypte.

Paseo Pintor de Rosales, Metro Plaza de España, Ventura Rodríguez ou Moncloa.

 

Teleférico

Le téléphérique de Madrid est un excellent moyen pour découvrir la ville d’un point de vue original, en hauteur.  Il part du Paseo Pintor Rosales, sur la lisière orientale du Parque del Oeste, jusqu’au milieu de la Casa de Campo, sur une distance totale de 2457 mètres et une hauteur maximale de 40 mètres. Sur les 11 minutes que dure le trajet, vous serez au-dessus des deux parcs, d’une rivière, d’une voie de chemin de fer, mais surtout vous verrez un panorama extraordinaire de la ville devant vous.

Paseo del Pintor Rosales, Métro Plaza de España ou Argüelles, www.teleferico.com

Madrid : visite de la vieille ville, 1ère partie

Samedi 28 février 2009

Puerta del Sol

Traditionnellement, c’est ici que la balade madrilène commence, depuis la station de métro Sol. La « porte du soleil » tire son nom d’une porte qui se trouvait ici autrefois et qui fit partie d’une fortification qui au 15e siècle séparait (et défendait) la ville des petites communautés qui l’environnaient.

La Puerta del Sol tient depuis toujours une place centrale dans l’agglomération madrilène. C’est d’ici que les diligences partaient vers les provinces lointaines, et c’est toujours d’ici que partent les principales toutes du pays (c’est le point kilométrique zéro). C’est également ici qu’on se réunit aussi bien dans les périodes de liesses (victoires sportives ou nouvel an) que pour des manifestations.

Au centre de la Puerta del Sol se trouve une statue de Carlos III, l’homme qui modernisa Madrid, ainsi que la statue Oso y Madroño (l’ours et l’arbousier) qui pèse plus d’une quinzaine de tonnes. Parmi les immeubles bordant la place, notez la Casa de Correos, qui abrite aujourd’hui le gouvernement de la communauté autonome de Madrid.

Métro Sol

 

Plaza Mayor

 

Plaza Mayor, Madrid

Plaza Mayor, Madrid

 

 

C’est la plus célèbre place de la ville, et l’une des plus jolies places en Espagne, à égalité avec la Plaza Mayor de Salamanque. Autrefois située en-dehors des enceintes de la ville, elle s’appelait alors Plaza de Arrabal. C’est sous le règne de Felipe III (dont la statue équestre domine le centre de la place) que Juan Gomez de Mora conçut la place telle qu’on la connaît aujourd’hui. La Plaza Mayor gagna en importance sous la dynastie des Habsbourg, tous les grands spectacles publics y ayant désormais lieu : couronnement de rois, corridas, tournois, fêtes ou exécutions capitales. Les immeubles de cinq étages entourant la place furent brûlés trois fois, en 1631, 1672 et 1790, mais à chaque fois ils furent reconstruits.

Les arcades de la place abritent aujourd’hui des restaurants, des cafés et des boutiques, et les touristes et les étudiants s’y retrouvent pour s’asseoir aux tables en plein air des cafés, lire les journaux (ou les guides touristiques), siroter de la sangria et écouter les musiciens de rues. N’oubliez pas de vous balader tout autour de la Plaza Mayor, il y a beaucoup de petites boutiques charmantes et de bars à tapas.

Métro Sol

Madrid: s’orienter

Samedi 28 février 2009

On peut subdiviser Madrid en deux secteurs intéressants : le centre historique (le vieux Madrid), l’Ensanche (Madrid la moderne). Le reste de la ville n’est pas intéressant, du point de vue touristique, mais ce n’est déjà pas si mal. Voici un bref aperçu des principaux quartiers de la ville.

Le Centre Historique de Madrid

On y trouve le quartier des Austrias, avec ses ruelles et ses petites places. En son centre se trouve la Plaza Mayor, une attraction touristique essentielle et zone préférée des noctambules avec ses bars et autres clubs ; A l’est de la Plaza Mayor, on trouve la Puerta del Sol, le point kilométrique zéro et l’endroit où l’on se réunit pour faire la fête le soir du nouvel an.

La principale avenue de Madrid s’appelle Gran Vía. On y trouve des salles de cinéma, des boutiques chics et des grands magasins, bref le paradis pour les amateurs de shopping. Au nord de la Gran Vía se trouve le quartier Chueca, connu également comme étant le quartier gay de Madrid. Très festif la nuit.

Madrid la moderne: l’Ensanche

On y trouve le quartier Salamanca, l’un des quartiers les plus agréables de Madrid, avec ses boutiques et ses restaurants. Les trois principaux musées se trouvent sur le Paseo del Prado, à l’est duquel se trouve le Parque del Retiro, qui offre un changement et un calme appréciable après une journée passe en ville, tandis qu’au nord-est se trouve la Plaza de Toros de las Ventas, l’un des plus célèbres arènes d’Espagne.

Montserrat

Vendredi 20 février 2009

L’âme de la Catalogne se situe sur un rocher abrupt, haut de 1219 mètres, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Barcelone. Le monastère de Monserrat est l’un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés d’Espagne, et attire aussi bien de nombreux touristes qu’un flot interrompu de catalans.  On ne saurait trop vous recommander d’y aller, que ce soit pour une quête spirituelle, pour pratiquer les chemins de randonnées ou pour découvrir l’arrière-pays. Dans tout les cas, ce sera une belle découverte.

Montserrat

Montserrat

La Vierge Noire de Catalogne

Tout commence lorsque la statue d’une Vierge Noire est découverte dans une grotte de la montagne en 880. Selon la légende, la Vierge aurait été façonnée en Terre sainte. Une autre légende raconte également que le fameux chevalier de la Table Ronde Perceval découvrit le Saint Graal dans un endroit reculé de la montagne, ce qui inspira Richard Wagner qui fit de Monserrat le cadre de son opéra Parsifal. Toujours est-il que quatre chapelles existaient sur la montagne au 9e siècle, et qu’en 1025, Oliba, Abbé de Ripoll et Evêque de Vic, fonda le monastère de Monserrat tout près de la Chapelle Sainte Marie. Au 13e siècle, une série de miracles commença à attirer les pèlerins, qui dès lors affluent sans interruption.

Parmi les évènements qui marquèrent l’histoire de Montserrat, on peut citer la visite de Saint Ignace de Loyola, le fondateur de l’ordre des jésuites, qui vint y effectuer un pèlerinage et donna son épée à la Vierge ; ou la destruction du Sanctuaire par les armées napoléoniennes en 1811, la Vierge ayant pu être cachée à temps par les moines.  Depuis la fin du 19e siècle, la Vierge Noire devint la sainte patronne de la Catalogne, et depuis, Montserrat et la Vierge Noire devinrent les symboles les plus vivants et les plus forts de l’identité catalane. Ainsi, Gaudí s’inspira de Montserrat dans la conception de la Sagrada Família.

Barcelone: le reste

Vendredi 20 février 2009

Plages

Les plages de Barcelone commencent à Barceloneta, derrière le Port Vell. En fait, il s’agit d’une seule et unique bande de sable qu’on désigne par endroits Platja de San Sebastià, Platja de la Barceloneta, …On peut longer la plage depuis le Passeig Maritim de la Barceloneta, une promenade piétonne bordée de cafés et de restaurants, et qui vous emmène aux plages de la Nova Icària, de Bogatell ou de la Mar Bella. Les plages de Barcelone sont très agréables, un peu trop peuplées peut-être du côté de la Barceloneta.

 

L’Aquarium de Barcelona

Ouverte en 1996 dans le Port Vell (le vieux port), l’Aquarium est accessible par la Rambla del Mar en passant par le centre commercial Maremagnum. Il s’agit du plus grand aquarium d’Europe, reconstituant les différents habitats marins depuis le cercle polaire jusqu’aux mers tropicales. La principale attraction est l’oceanarium, une reconstitution du milieu méditerranéen que l’on visite de l’intérieur en passant dans un couloir sous-marin en verre, ce qui permet de voir les poissons, raies, murènes et autres requins de tous les angles possibles.

Moll d’Espanya del Port Vell, s/n, Metro Drassanes ou Barceloneta, www.aquariumbcn.com

 

Parc Guell

 

Parc Guell

Parc Guell

 

 

Ce parc charmant et agréable fut au départ un projet immobilier d’Eusebi Guell, projet qui ne fut jamais achevé. Gaudí, en charge du projet, avait conçu une soixantaine de demeures mais ce qui en résulte fut un parc décoré dans le plus pur style moderniste, avec le fameux lézard couvert de mosaïque multicolore à l’entrée ou des pagodes inspirées des contes d’Hansel et Gretel. Sur la Plaça de la Naturalesa se trouve ce qui serait le plus long banc du monde, un banc ondulé qui serpente sur toute la place. La décoration du banc, faite de trencadís,  est l’œuvre de l’architecte Josep Marià Jujol.

 

Parc Guell

Parc Guell

 

 

Les décorations et représentations du parc sont innombrables et apparaissent là où on s’y attend le moins, Gaudí (et Jujol qui réalisa une grande partie du parc) souhaitant symboliser la nature dans les différent éléments architecturaux et paysagers qui composent le parc.

Ctra del Carmel 23, Metro Lesseps (et 15 minutes de marche).

Barcelone: la colline de Montjuïc

Vendredi 20 février 2009

On se souvient certainement de Montjuïc comme du principal théâtre des J.O. de 1992. C’est la partie la plus verte de la ville, une des plus agréables aussi. Au sommet de cette colline de 173 mètres se succédèrent de nombreuses fortifications qui servirent à de nombreuses fins militaires (fort, prisons, lieu d’exécutions, …) jusqu’à ce qu’il soit réaménagé d’abord en 1929 afin d’accueillir l’Exposition Universelle, avant finalement d’adopter sa forme actuelle en 1992.

Vous avez plusieurs choix pour escalader Montjuïc. Notre conseil est de partir de la Plaça d’Espanya et d’aller à pied jusqu’au Palau Nacional, la beauté des lieux est époustouflante. N’ayez crainte, des escalators sont présents le long du chemin, vous n’aurez pas beaucoup de marches à grimper. Vous passerez ainsi devant la terrasse du Font Màgica, la fontaine magique créée pour l’Expo Universelle de 29, et une suite de terrasses qui vous emmène jusqu’au MNAC. Sinon, vous pourrez  prendre le bus, ou encore le métro jusqu’à la station Paral.lel et de là prendre le funiculaire. Du terminus du funiculaire, un mini-téléphérique vous emmène jusqu’au Castell de Montjuïch. Enfin, vous pourrez prendre directement le spectaculaire téléphérique qui part de Barceloneta, sensations garanties.

 

Museu Nacional d’Art de Catalunya (MNAC)

 

MNAC à montjuich

MNAC à montjuich

 

 

La première chose à faire lorsqu’on arrive devant le MNAC est de se retourner pour profiter de la superbe vue sur les terrasses, les cascades, les fontaines et la perspective jusqu’à la Plaça d’Espanya. Ici comme dans tout Montjuïc, la hauteur des lieux vous fait bénéficier de vues magnifiques sur Barcelone et ses environs.

Le MNAC accueille une importante collection d’art catalan, depuis la période gothique jusqu’au 20e siècle, mais elle détient surtout une collection, peut-être sans égale dans le monde, de pièces romanes qui ont pu être récupérées dans les églises romanes situées dans les Pyrénées catalanes. Le MNAC abrite aussi une collection moderniste qui nous permet de voir la contrepartie en matière de meubles et de décorations d’intérieur des fascinants immeubles qui remplissent la ville : marqueteries, miroirs, sculptures, ameublement, …

Palau Nacional, www.mnac.es. Metro Espanya

Barcelone: Temple Expiatori de la Sagrada Família

Vendredi 20 février 2009

Sagrada Familia

Sagrada Familia

C’est naturellement le monument qui représente Barcelone aux yeux du monde entier, et celle qui figure en plus grand nombre dans les cartes postales de la ville. Cette réputation est plus qu’amplement méritée, nous avons ici affaire à une vraie merveille.

Avant de se pencher plus en profondeur sur l’édifice lui-même, il y a une chose qui étonne toujours ceux qui viennent pour la première fois à Barcelone : la Sagrada Família est toujours en travaux. Cela peut être étonnant à notre époque où les grands travaux sont achevés en très peu de temps, mais au regard de l’histoire, on se rend compte que les années qui nous séparent du début de la construction en 1882 ne sont pas si nombreuses, en comparaison des nombreux siècles qui ont été nécessaires pour construire les plus grandes cathédrales. Il est vrai qu’on en a vu plus d’un déçu par les échafaudages et les travaux qui y ont en permanence cours. Les travaux sont prévus pour durer pendant le premier tiers du 21e siècle.

La Sagrada Família fut commanditée par l’association spirituelle des dévots de Saint Joseph, qui décida en 1874 de faire construire une église expiatoire consacrée à la Sainte Famille.Les premiers travaux datent de mars 1882 et fut dirigé à l’époque par l’architecte Francisco Paula del Vilar, qui envisagea un style néogothique, ainsi que le laisse entrevoir la crypte sous l’abside qui date de cette époque. Un désaccord avec l’association l’amena à quitter le projet, qui fut confié à Gaudi à partir de fin 1883. Ce dernier s’y consacrera entièrement jusqu’à sa mort en 1926, avec une liberté totale, sans limite de budget ni de délai. Les travaux ont ensuite repris en 1952 sur la base d’un modèle réduit sur lequel Gaudí avait annoté des explications du symbolisme de l’église, même si l’essentiel des spécifications techniques de l’architecte fut brûlé en même temps que sa crypte pendant la Guerre Civile. Depuis, la polémique fait rage sur les choix architecturaux de ceux qui se succédèrent à la tête du projet

Chose importante : la Sagrada Família ne bénéficie d’aucun financement public, ce qui est encore plus impressionnant. Le droit d’entrée des visiteurs participe donc de manière importante à la poursuite et à l’achèvement (un jour …) des travaux.

La Sagrada Família accueille énormément de visiteurs, et il est probable que vous ayez à faire la queue pendant plus d’une heure, à moins d’arriver très tôt le matin.

Sagrada Familia

Sagrada Familia

Barcelone: l’Eixample

Vendredi 20 février 2009

Toit de la Pedrera

Toit de la Pedrera

L’Eixample est une ville dans la ville, un quartier qui se démarque amplement de la « vieille » Barcelone. Organisé de façon très carrée en blocs traversés par des rues uniformes et droites, il mélange des immeubles résidentiels et des bâtiments commerciaux. L’Eixample naît au milieu du 18e siècle lorsque la prospérité apportée par la révolution industrielle attira une population importante dans la ville, ce qui rendit nécessaire de réorganiser le schéma urbain et de développer la ville, l’Eixample étant le mot catalan pour extension.

L’Eixample est le fruit des travaux d’Ildefons Cerdà qui conçut une organisation où chaque section disposerait de son propre hôpital, de ses écoles, marchés et parcs, et où toutes les classes sociales seraient représentées. Aujourd’hui, il se subdivise en deux sections principales, la dret (droite) et l’esquerre (gauche), traversées par des rues qui sont parallèles ou perpendiculaires à la mer, cette organisation rectiligne permettant de donner une impression d’ouverture immense.

Bien évidemment, les pauvres restèrent dans les vieilles bâtisses de la Ciutat Vella, et ce sont les riches qui prirent d’assaut l’Eixample. Il n’est donc pas étonnant qu’on y trouve les chefs d’œuvres les plus purs du modernisme, les nouveaux riches de l’époque ayant dépensé des fortunes pour rivaliser dans la construction des plus belles demeures, en accordant une liberté de création totale à Anton Gaudí et Lluís Domenèch i Montaner, ou encore à Josep Puig i Cadafalch ou à Pere Falqués. Cela nous donne un véritable musée en plein air, où le seul inconvénient est qu’on ne sait plus où donner de la tête.

La Manzana de la Discórdia

Comme son nom l’indique, c’est la pomme de la discorde. Trois interprétations différentes du modernisme se trouvent dans ce bloc si chic du Passeig de Gràcia.

A l’angle de Gràcia et de la carrer del Consell de Cent se trouve la Casa Lléo Morera (Passeig de Gràcia 35), œuvre de Lluís Domenech i Montaner bâtie entre 1903 et 1905. Des travaux de restaurations ont enlevé un grand nombre des décorations originales, mais la façade fleurie est toujours enjolivée par les courbes, les vitraux et les mosaïques qui caractérisent le modernisme. Au deuxième étage, vous pouvez apercevoir des sculptures représentant un téléphone, un gramophone et des ampoules.

Du même côté de la rue, au numéro 41, vous avez la Casa Almatller, création de Puig i Cadafalch en 1900, avec sa façade médiévale, son pignon d’inspiration flamande, et de nombreuses décorations en pierres et en fer, œuvres du sculpteur Eusebi Arnau. Bâti sur un immeuble préexistant, la Casa Almatller fut la plus ancienne de la Manzana et combine le gothique flamand aux styles proprement catalans.

Au numéro 43 se trouve la Casa Batlló, conçue par Gaudí. On y trouve des mosaïques polychromes à la manière des peaux reptiliennes, le toit est décoré de tuiles ornementales qui rappellent des écailles, des courbes sensuelles à base de fer et de pierre, une utilisation magnifique des trencadís sur la façade. On pense que l’immeuble représente le combat de Sant Jordi (Saint Georges) contre le dragon, ce qui explique les formations squelettiques qui protègent les balcons, eux-mêmes s’appuyant dur des colonnes ressemblant à des vertèbres. Une colonne unique avec une poignée en forme d’étoile s’enfonce dans la façade, évoquant l’épée qui transperça le cœur du dragon.

Passeig de Gràcia 35,41 et 43, Metro Passeig de Gràcia.

Fundació Antoni Tàpies

Musée consacré au peintre catalan Tàpies, cet immeuble en brique et en fer fut autrefois le siège d’un imprimeur. Il est l’œuvre de Lluís Domènech i Montaner entre 1881 et 1884. A l’intérieur sont exposés des tableaux, des sculptures, des dessins ou encore des céramiques de Tàpies, tandis qu’une œuvre monumentale composé de près de 2700 mètres de fils et de tubes de métal trône en son sommet.

C/ de Aragó 255, Metro : Passeig de Gràcia

Barcelone: El Raval

Vendredi 20 février 2009

Ce quartier, qu’on appelle également Barri Xinès (le quartier chinois), fut autrefois le coin le plus mal famé de Barcelone, avec ses voleurs, ses trafiquants de drogue et ses prostituées. Depuis vingt ans, le quartier a été sévèrement nettoyé et refait (on a par exemple détruit tout un ensemble de constructions pour mettre à la place la Rambla de Raval). Certains coins ont a l’évidence échappé au nettoyage, mais dans l’ensemble, le quartier ne mérite plus la réputation qu’elle eut il y a quelques décennies encore.

 

Palau Güell

C’est entre 1885 et 1889 qu’Anton Gaudí conçut ce fantastique palais moderniste pour le riche industriel Eusebi Güell. L’architecte s’en est donné à cœur joie pour ce palais remarquable par la fluidité de ses formes. La façade de l’immeuble est de style vénitien et se caractérise par deux grandes entrées protégées par des portails en fer forgé d’une facture exceptionnelle. On ne peut visiter l’intérieur que lors de visites guidées, pendant lesquelles on peut voir les étables situées au sous-sol (et où les animaux descendaient par une rampe) avec des colonnes aux chapiteaux en forme de champignons. On remonte ensuite pour visiter les salles du rez-de-chaussée. D’abord, on a droit à quatre salons plutôt sombres et avec une décoration inspirée par l’art maure, tandis que des ouvertures en forme d’étoiles transpercent la coupole dans ce qui est une reconstitution du ciel et des étoiles. Les fenêtres des salons sont encadrées par des colonnes en forme organique tandis que leurs plafonds sont prétextes à l’exposition de sculptures en bois délicatement ouvrés. Le toit est une véritable forêt de cheminées sculptées et de ventilateurs décorés par des céramiques en mosaïque dites trencadís.

Gaudí aurait eu énormément de mal à concevoir la façade et aurait crée plus de 30 plans avant finalement d’en présenter deux à son commanditaire qui choisit le plus étrange, le moins classique des deux, rassurant ainsi l’architecte sur la liberté totale dont il jouissait dans le style de la construction.

Nou de la Rambla 3-5, Metro Drassanes.