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Barcelone: Temple Expiatori de la Sagrada Família

Vendredi 20 février 2009
Sagrada Familia

Sagrada Familia

C’est naturellement le monument qui représente Barcelone aux yeux du monde entier, et celle qui figure en plus grand nombre dans les cartes postales de la ville. Cette réputation est plus qu’amplement méritée, nous avons ici affaire à une vraie merveille.

Avant de se pencher plus en profondeur sur l’édifice lui-même, il y a une chose qui étonne toujours ceux qui viennent pour la première fois à Barcelone : la Sagrada Família est toujours en travaux. Cela peut être étonnant à notre époque où les grands travaux sont achevés en très peu de temps, mais au regard de l’histoire, on se rend compte que les années qui nous séparent du début de la construction en 1882 ne sont pas si nombreuses, en comparaison des nombreux siècles qui ont été nécessaires pour construire les plus grandes cathédrales. Il est vrai qu’on en a vu plus d’un déçu par les échafaudages et les travaux qui y ont en permanence cours. Les travaux sont prévus pour durer pendant le premier tiers du 21e siècle.

La Sagrada Família fut commanditée par l’association spirituelle des dévots de Saint Joseph, qui décida en 1874 de faire construire une église expiatoire consacrée à la Sainte Famille.Les premiers travaux datent de mars 1882 et fut dirigé à l’époque par l’architecte Francisco Paula del Vilar, qui envisagea un style néogothique, ainsi que le laisse entrevoir la crypte sous l’abside qui date de cette époque. Un désaccord avec l’association l’amena à quitter le projet, qui fut confié à Gaudi à partir de fin 1883. Ce dernier s’y consacrera entièrement jusqu’à sa mort en 1926, avec une liberté totale, sans limite de budget ni de délai. Les travaux ont ensuite repris en 1952 sur la base d’un modèle réduit sur lequel Gaudí avait annoté des explications du symbolisme de l’église, même si l’essentiel des spécifications techniques de l’architecte fut brûlé en même temps que sa crypte pendant la Guerre Civile. Depuis, la polémique fait rage sur les choix architecturaux de ceux qui se succédèrent à la tête du projet

Chose importante : la Sagrada Família ne bénéficie d’aucun financement public, ce qui est encore plus impressionnant. Le droit d’entrée des visiteurs participe donc de manière importante à la poursuite et à l’achèvement (un jour …) des travaux.

La Sagrada Família accueille énormément de visiteurs, et il est probable que vous ayez à faire la queue pendant plus d’une heure, à moins d’arriver très tôt le matin.

Sagrada Familia

Sagrada Familia

Barcelone: l’Eixample

Vendredi 20 février 2009
Toit de la Pedrera

Toit de la Pedrera

L’Eixample est une ville dans la ville, un quartier qui se démarque amplement de la « vieille » Barcelone. Organisé de façon très carrée en blocs traversés par des rues uniformes et droites, il mélange des immeubles résidentiels et des bâtiments commerciaux. L’Eixample naît au milieu du 18e siècle lorsque la prospérité apportée par la révolution industrielle attira une population importante dans la ville, ce qui rendit nécessaire de réorganiser le schéma urbain et de développer la ville, l’Eixample étant le mot catalan pour extension.

L’Eixample est le fruit des travaux d’Ildefons Cerdà qui conçut une organisation où chaque section disposerait de son propre hôpital, de ses écoles, marchés et parcs, et où toutes les classes sociales seraient représentées. Aujourd’hui, il se subdivise en deux sections principales, la dret (droite) et l’esquerre (gauche), traversées par des rues qui sont parallèles ou perpendiculaires à la mer, cette organisation rectiligne permettant de donner une impression d’ouverture immense.

Bien évidemment, les pauvres restèrent dans les vieilles bâtisses de la Ciutat Vella, et ce sont les riches qui prirent d’assaut l’Eixample. Il n’est donc pas étonnant qu’on y trouve les chefs d’œuvres les plus purs du modernisme, les nouveaux riches de l’époque ayant dépensé des fortunes pour rivaliser dans la construction des plus belles demeures, en accordant une liberté de création totale à Anton Gaudí et Lluís Domenèch i Montaner, ou encore à Josep Puig i Cadafalch ou à Pere Falqués. Cela nous donne un véritable musée en plein air, où le seul inconvénient est qu’on ne sait plus où donner de la tête.

La Manzana de la Discórdia

Comme son nom l’indique, c’est la pomme de la discorde. Trois interprétations différentes du modernisme se trouvent dans ce bloc si chic du Passeig de Gràcia.

A l’angle de Gràcia et de la carrer del Consell de Cent se trouve la Casa Lléo Morera (Passeig de Gràcia 35), œuvre de Lluís Domenech i Montaner bâtie entre 1903 et 1905. Des travaux de restaurations ont enlevé un grand nombre des décorations originales, mais la façade fleurie est toujours enjolivée par les courbes, les vitraux et les mosaïques qui caractérisent le modernisme. Au deuxième étage, vous pouvez apercevoir des sculptures représentant un téléphone, un gramophone et des ampoules.

Du même côté de la rue, au numéro 41, vous avez la Casa Almatller, création de Puig i Cadafalch en 1900, avec sa façade médiévale, son pignon d’inspiration flamande, et de nombreuses décorations en pierres et en fer, œuvres du sculpteur Eusebi Arnau. Bâti sur un immeuble préexistant, la Casa Almatller fut la plus ancienne de la Manzana et combine le gothique flamand aux styles proprement catalans.

Au numéro 43 se trouve la Casa Batlló, conçue par Gaudí. On y trouve des mosaïques polychromes à la manière des peaux reptiliennes, le toit est décoré de tuiles ornementales qui rappellent des écailles, des courbes sensuelles à base de fer et de pierre, une utilisation magnifique des trencadís sur la façade. On pense que l’immeuble représente le combat de Sant Jordi (Saint Georges) contre le dragon, ce qui explique les formations squelettiques qui protègent les balcons, eux-mêmes s’appuyant dur des colonnes ressemblant à des vertèbres. Une colonne unique avec une poignée en forme d’étoile s’enfonce dans la façade, évoquant l’épée qui transperça le cœur du dragon.

Passeig de Gràcia 35,41 et 43, Metro Passeig de Gràcia.

Fundació Antoni Tàpies

Musée consacré au peintre catalan Tàpies, cet immeuble en brique et en fer fut autrefois le siège d’un imprimeur. Il est l’œuvre de Lluís Domènech i Montaner entre 1881 et 1884. A l’intérieur sont exposés des tableaux, des sculptures, des dessins ou encore des céramiques de Tàpies, tandis qu’une œuvre monumentale composé de près de 2700 mètres de fils et de tubes de métal trône en son sommet.

C/ de Aragó 255, Metro : Passeig de Gràcia

Barcelone: présentation générale

Vendredi 20 février 2009

Barcelone est l’une des destinations les plus tendances en Europe, et cette ville vivante, chaleureuse et cosmopolite attire les touristes du monde entier, qu’ils viennent en quête de culture, d’art, de divertissement, de fêtes ou de farniente à la plage.  Barcelone est évidemment également célèbre à cause du FC Barcelone.  Mais cette attraction et cette prospérité ne datent pas d’aujourd’hui.

sagrada familia

Barcelone la prospère

Depuis l’époque romaine, Barcelone a toujours été la ville la plus riche de la péninsule ibérique. Carthage puis Rome s’y établirent et firent profiter la ville de la prospérité qu’apporte l’appartenance à un grand empire. L’empire de Charlemagne leur succéda en faisant d’une grande partie de la Catalogne des territoires assujettis à la couronne impériale, avant que les comtes de Barcelone ne décidèrent de s’émanciper de cette suzeraineté. Barcelone est la principale (et quasiment l’unique) cité à avoir profité de la révolution industrielle au 19e siècle, ce qui renforce encore son statut de ville la plus prospère et la plus dynamique du pays. Ajoutez-y une terre riche et fertile arrosée par un climat beaucoup plus clément que la plupart des autres régions, un port important et surtout une population courageuse et travailleuse.

Les Jeux Olympiques de 1992 participèrent également de manière importante au développement de la ville telle qu’on peut la voir aujourd’hui : les constructions bâties pour les jeux furent ensuite converties en installations touristiques et sportives de première importance, la capacité de l’aéroport El Prat de Llobregat fut considérablement accrue, des milliards d’euros furent et sont toujours investis dans la création de parcs, de marinas, de promenades, de résidences,…

Guide de l’Espagne artistique, partie 3: baroque, néo-classicisme, modernisme et contemporain

Dimanche 11 janvier 2009

La période Baroque(17e-18e siècle)

La période baroque est certainement la plus prolifique dans l’art espagnol, notamment parce que plusieurs des plus grands peintres de cette époque proviennent de ce pays qui connut alors son âge d’or. La peinture baroque espagnole tire essentiellement ses sujets de l’utilisation de modèles paysans, et est largement influencée par le clair-obscur caravagesque, donnant naissance à une composition complexe dans une furie dynamique, mouvante, multicolore et riche de figures. José de Ribera est le plus grand maître du clair-obscur après le Caravage, tandis que de Séville vient Diego Vélasquez, sans doute le plus grand peintre espagnol de tous les temps, qui devint peintre de cour de Philippe IV à l’âge de 24 ans et dessina les célèbres tableaux Las Meninas et Los Hilanderas , Francisco de Zurbarán, le maître du clair-obscur sévillan, Bartolomé Estabán Murillo [pic], rival sévillan de Francisco de Zurbáran ou encore Alonso Cano.

A cette période se rattache également Miguel Cervantès, père de Don Quichotte et plus grand auteur espagnol de tous les temps, Mateo Alemán, maître du genre picaresque, les poètes Luis de Góngora et Francisco de Quevedo, les dramaturges Lope de Vega, Pedro Calderón de la Barca et Tirso de Molina, le créateur de Dom Juan.