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Barcelone: l’Eixample

Vendredi 20 février 2009
Toit de la Pedrera

Toit de la Pedrera

L’Eixample est une ville dans la ville, un quartier qui se démarque amplement de la « vieille » Barcelone. Organisé de façon très carrée en blocs traversés par des rues uniformes et droites, il mélange des immeubles résidentiels et des bâtiments commerciaux. L’Eixample naît au milieu du 18e siècle lorsque la prospérité apportée par la révolution industrielle attira une population importante dans la ville, ce qui rendit nécessaire de réorganiser le schéma urbain et de développer la ville, l’Eixample étant le mot catalan pour extension.

L’Eixample est le fruit des travaux d’Ildefons Cerdà qui conçut une organisation où chaque section disposerait de son propre hôpital, de ses écoles, marchés et parcs, et où toutes les classes sociales seraient représentées. Aujourd’hui, il se subdivise en deux sections principales, la dret (droite) et l’esquerre (gauche), traversées par des rues qui sont parallèles ou perpendiculaires à la mer, cette organisation rectiligne permettant de donner une impression d’ouverture immense.

Bien évidemment, les pauvres restèrent dans les vieilles bâtisses de la Ciutat Vella, et ce sont les riches qui prirent d’assaut l’Eixample. Il n’est donc pas étonnant qu’on y trouve les chefs d’œuvres les plus purs du modernisme, les nouveaux riches de l’époque ayant dépensé des fortunes pour rivaliser dans la construction des plus belles demeures, en accordant une liberté de création totale à Anton Gaudí et Lluís Domenèch i Montaner, ou encore à Josep Puig i Cadafalch ou à Pere Falqués. Cela nous donne un véritable musée en plein air, où le seul inconvénient est qu’on ne sait plus où donner de la tête.

La Manzana de la Discórdia

Comme son nom l’indique, c’est la pomme de la discorde. Trois interprétations différentes du modernisme se trouvent dans ce bloc si chic du Passeig de Gràcia.

A l’angle de Gràcia et de la carrer del Consell de Cent se trouve la Casa Lléo Morera (Passeig de Gràcia 35), œuvre de Lluís Domenech i Montaner bâtie entre 1903 et 1905. Des travaux de restaurations ont enlevé un grand nombre des décorations originales, mais la façade fleurie est toujours enjolivée par les courbes, les vitraux et les mosaïques qui caractérisent le modernisme. Au deuxième étage, vous pouvez apercevoir des sculptures représentant un téléphone, un gramophone et des ampoules.

Du même côté de la rue, au numéro 41, vous avez la Casa Almatller, création de Puig i Cadafalch en 1900, avec sa façade médiévale, son pignon d’inspiration flamande, et de nombreuses décorations en pierres et en fer, œuvres du sculpteur Eusebi Arnau. Bâti sur un immeuble préexistant, la Casa Almatller fut la plus ancienne de la Manzana et combine le gothique flamand aux styles proprement catalans.

Au numéro 43 se trouve la Casa Batlló, conçue par Gaudí. On y trouve des mosaïques polychromes à la manière des peaux reptiliennes, le toit est décoré de tuiles ornementales qui rappellent des écailles, des courbes sensuelles à base de fer et de pierre, une utilisation magnifique des trencadís sur la façade. On pense que l’immeuble représente le combat de Sant Jordi (Saint Georges) contre le dragon, ce qui explique les formations squelettiques qui protègent les balcons, eux-mêmes s’appuyant dur des colonnes ressemblant à des vertèbres. Une colonne unique avec une poignée en forme d’étoile s’enfonce dans la façade, évoquant l’épée qui transperça le cœur du dragon.

Passeig de Gràcia 35,41 et 43, Metro Passeig de Gràcia.

Fundació Antoni Tàpies

Musée consacré au peintre catalan Tàpies, cet immeuble en brique et en fer fut autrefois le siège d’un imprimeur. Il est l’œuvre de Lluís Domènech i Montaner entre 1881 et 1884. A l’intérieur sont exposés des tableaux, des sculptures, des dessins ou encore des céramiques de Tàpies, tandis qu’une œuvre monumentale composé de près de 2700 mètres de fils et de tubes de métal trône en son sommet.

C/ de Aragó 255, Metro : Passeig de Gràcia

Barcelone: la Ribera

Vendredi 20 février 2009

Connue également comme le quartier d’El Born, la Ribera est délimitée par la Vía Laietana et la Carrer de Princessa. N’oubliez pas de passer par la carrer de Montcada, une rue piétonne bordée de maisons qui datent du 14e siècle, depuis la carrer de Princesa près du musée Picasso jusqu’à l’église de Santa Maria del Mar et le Passeig del Born. A la fin du Passeig del Born, on découvre le Mercat del Born, un ancien marché conçu en 1876 par Josep Fontserè i Mestre, depuis fermé et toujours en travaux dans l’attente de le convertir en bibliothèque (les travaux à l’intérieur ont permis de découvrir des ruines romaines, et les travaux sont ralentis le temps de les étudier).

 

El Palau de la Música Catalana

Conçue par le grand architecte moderniste Lluís Domènech i Montaner, ce palais est un édifice exceptionnel et une véritable illustration parfaite du modernisme catalan, qu’on peut malheureusement difficilement appréhender dans sa totalité étant donné que les immeubles à proximité cachent et gâchent quelque peu la vue. Le palais fut inscrit à la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1997.

Deux façades sont remarquables, avec un groupe de mosaïques qui se rejoignent à l’angle par La Cançó Popular (la chanson populaire), une sculpture de Miquel Blay. Une colonnade centrale et fleurie porte les bustes de trois grands compositeurs : Beethoven, Bach et Palestrina (pour éclairer votre lanterne, c’est un compositeur italien de la Renaissance). Le buste de Wagner est également sur le côté. A l’intérieur, le vestibule est décoré par une peinture murale de Massot tandis que le plafond est décoré de céramiques en forme d’étoiles.  Le modernisme spectaculaire est particulièrement éblouissant dans l’auditorium du premier étage. Domènech i Montaner a recruté les plus grands artisans de son temps pour que pratiquement l’intégralité de la surface de la salle soit décorée et embellie avec un luxe de détail extraordinaire. Au plafond, un dôme inversé est entouré par une quarantaine de figures féminines qui représentent un chœur. A l’arrière de la scène, on peut voir les Muses del Palau, une série de bustes en terre cuite jouant des instruments de musique. A la gauche de la scène, on peut admirer le buste de Josep Clavé, directeur de l’Orféo, qui fut une organisation essentielle dans la Renaixença catalane, le renouveau de la culture et du nationalisme catalan, réalisée par Pau Gargallo et Dídac Masana, qui réalisèrent également de l’autre côté de la scène une représentation de la Chevauchée des Valkyries de Wagner, sous les yeux d’un buste de Beethoven.

c/ de Sant Francesc de Paula 2, Metro Urquinaona.